L’UMP siphonne Alsace d’Abord !

Aux dernières élections régionale de mars 2010, l’UMP a réussi à conserver la région Alsace, qui est avec le virement de la Corse la dernière région française à être dirigée par la droite.

Mais contrairement à 2004, la victoire pour l’UMP fut beaucoup plus difficile, voir indécise au vu des derniers sondages et des estimations de vote lors du 2eme tour.

Résultats des élections régionales de 2004 en %

1er t.        2eme t.
UMP-UDF        34,06        43,46
PS-Vert             20,12        34,44
FN                      18,58        22,00
Alsace d’Abord    9,42
MEI                      7,40
MRC-PCF-PRG  3,73
Divers                   3,56
LO-LCR               3,03
PF                         0,09

Résultats des élections régionales de 2010 en %

1er t.        2eme t.
UMP-UDF               34,06        46,16
PS-PRG-MRC        18,97        39,27
EE_MEI-Cap21-    15,60
-Unser Land
FN                             13,49        14,57
Alsace d’Abord         4,98
Modem                     4,44
FG-Alter.-PCOF-DVG 1,87
NPA                          1,64
Ecologie Sociale       1,61
DVD                          1,60
LO                             0,86

Suite à de ressentes manœuvres, deux cadres d’Alsace d’Abord se retrouvent membres de l’UMP : Christian Chaton et Stéphane Bourhis !

Christion Chaton, dans un entretien « accordé » à novopress en 2007, revient sur son engagement à l’extrême droite. Nous citons :
« Christian CHATON, vous avez été élu Conseiller général du Haut-Rhin dans le canton de Sainte-Marie-aux-Mines en mars 2004. Cette élection est l’aboutissement d’un parcours politique que vous avez entamé dès l’adolescence. Pourriez-vous retracer les principales étapes de ce parcours ?
Cette élection n’est pas un aboutissement mais une étape sur un parcours politique, c’est vrai commencé très tôt, et placé depuis plus de 30 ans sous le signe de l’identité.
J’ai commencé à militer en 1977, à l’âge de 14 ans, à Toulon, au Front de la Jeunesse qui était la branche jeune du Parti des Forces Nouvelles. Le PFN était alors en concurrence avec le FN pour s’assurer l’hégémonie sur une extrême droite groupusculaire, et avait l’ambition d’incarner une droite nouvelle, européenne, en phase avec son temps, par opposition avec un FN organisé autour du culte de la personnalité de son chef (déjà !) et dont la ligne politique se résumait au ressassement des combats perdus de la Libération, de l’Indochine et de l’Algérie.
Je me souviens en particulier des Européennes de 1979 où la liste de l’Eurodroite, pour laquelle j’avais cassé ma tirelire de lycéen, avait recueilli 1,3% des suffrages, ce qui m’avait paru à l’époque être un très bon score…C’est l’époque où j’ai fait la connaissance d’un certain Roland Hélie…Quoi ?…Ce nom ne vous dit rien ?…
Par la suite j’ai mis mon militantisme entre parenthèses durant les 18 années qu’a duré ma carrière d’officier dans l’Armée de Terre, avant, en 1998, de me faire placer en service détaché pour exercer le mandat de Conseiller régional d’Alsace élu sur la liste FN.
Ce passage au FN a été de courte durée puisque quelques mois plus tard ce mouvement a explosé en plein vol pour les raisons que nous connaissons tous, et sur lesquelles il est inutile de revenir. Déçu par le mode de fonctionnement interne du FN et par son indécrottable jacobinisme, j’ai alors fait le choix du MNR…Qui lui aussi s’est rapidement avéré être une impasse, tant l’expression d’une sensibilité régionaliste y était difficile.
L’absence de prise en compte de la dimension régionale de notre identité aussi bien au FN qu’au MNR nous a alors conduit, notamment avec Stéphane Bourhis, à nous rapprocher de Robert Spieler et de Jacques Cordonnier, pour réactiver en septembre 2002 le mouvement Alsace d’Abord.
» L’intégralité de l’entretien est ici alsace.novopress.info/664/christian-chaton-un-elu-identitaire-sexprime/)

Quant à Stéphane Bourhis, il a également beaucoup bourlinguer dans les milieux d’extrême droite avant de se décider à rentrer dans la grande famille de la majorité présidentielle.
D’après un article de Charles Roos (*) sur le site nation presse et daté de 2008 « Avant de compter fleurette à Pascale Jurdant-Pfeiffer, conseillère générale UDF du Neuhof, adjointe de quartier dans la municipalité Keller-Grossmann, le chef de file (on évitera la traduction de « chef de file » en alsacien, cela ferait jaser…) d’Hoenheim d’Abord, est passé par le Front national de la Jeunesse, dont il dirigea les destinées dans le Bas-Rhin dans les années 80, puis aux Comités Espace nouveau de Touzé et Hélie en 1989 où il anima très brièvement la squelettique branche jeunes, et de revenir au Front national et de le quitter une nouvelle fois en 1999 pour rejoindre le MNR de Bruno Mégret comme conseiller régional. Puis d’animer le Renouveau étudiant d’Alsace, et la bannière locale de Terre & Peuple avant d’être balancé candidat d’Alsace Debout, et enfin porte-parole d’Alsace d’Abord de Robert Spieler. Alsace d’Abord ! Voilà un « grand » mouvement digne de son Auguste personne ! Le 27 septembre 2002 après dissolution du MNR d’Alsace, Stéphane Bourhis (ex-secrétaire départemental MNR du Haut-Rhin) et Thierry Gross (ex-secrétaire départemental MNR du Bas-Rhin) lançaient Alsace d’Abord avec le Mouvement Régionaliste Alsacien (MRA) de Robert Spieler. Résultat en 2007 : zéro… ou presque ! Aucun poids dans le paysage politique alsacien, un seul conseiller général, deux maires qui se battent en duel, une poignée de zozos aux crânes rasés tout justes bons à surveiller les rosaires quand ils ne jouent pas les païens de folklore devant un feu de bois (c’est sûr, c’est mieux que de faire les imbéciles dans les cimetières…), un électorat sarko-droitiste maigrelet, un programme politique calqué sur les projet européistes les plus ubuesques et un seul copain sur le continent européen : le Vlaams Belang. Et si Alsace d’Abord pesait localement, Bourhis n’en serait pas, depuis mars dernier, à ramer pour jouer les gigolos de la politique auprès des pontes locaux du MoDem. »
A lire en entier ici : http://www.nationspresse.info/?p=105667

Ce qui est inquiétant, ce n’est pas l’entrée dans la droite gouvernementale (quoique) de ces 2 personnes d’extrême droite. Il y a bien entendu déjà des précédents, précédents célèbres au niveau national comme Devedjian, Novelli, Madelin…
Le plus inquiétant c’est cet article de Licra : http://www.licra.org/vie-des-sections/67-bas-rhin/strasbourg/2158-la-licra-reagit-a-ladhesion-de-stephane-bourhis-a-lump

« Monsieur Bourhis a successivement été Conseiller Municipal FN, puis MNR ou Alsace d’Abord et Conseiller Régional tout en appartenant à l’appareil des directions régionale et nationale de ces partis extrémistes et était investi pour ces partis aux élections cantonales et législatives.

Plusieurs questions sont ainsi posées.

Stéphane Bourhis a-t-il rompu définitivement avec ses idées d’extrême-droite professées ainsi à de nombreuses reprises ?

A-t-il fait cet indispensable travail sur lui-même et renie-t-il aujourd’hui les idées qu’il défendait hier ?

Si tel est le cas, Monsieur Bourhis est-il le plus à même de défendre les idées de l’UMP ?

C’est en tout cas un mauvais signal et  Monsieur Vincent Debes, Maire d’Hoenheim a eu raison de tirer la sonnette d’alarme à cet égard.

La licra demande au Président départemental de l’UMP, d’apporter tous éclaircissements par rapport à cette inquiétante affaire afin d’apaiser l’émoi suscité dans les rangs de la population démocrate et chez les membres de la licra. »

Nous voyons bien là la position petite-bourgeois de Licra ! Les positions de l’UMP sur les aspects sociaux (expulsion des immigrés, éducation, retraites, santés…) ne sont pas un problèmes (pour la LICRA) ! Accepter un son sein un « ex » de l’extrême droite, ce n’est pas un problème, tant qu’il a fait son mea culpa !

Stéphane Bourhis est d’extrême droite : qu’il soit membre d’Alsace d’Abord ou de l’UMP !!! Et à l’Action Antifasciste d’Alsace nous combattons l’extrême droite ! Il conviendrait que ce Monsieur fasse une autocritique sévère et complète de son comportement, de son engagement et de ses discours passés afin qu’il puisse retrouver une certaine crédibilité aux yeux des habitants d’Alsace ! Car, tout ceci n’est pas anodin : Alsace d’Abord est d’extrême droite, comme nous l’avions démontré précédemement !

Nous ne sommes pas dupes : avec le score minable d’Alsace d’Abord aux dernières élections régionales, il fallait bien à M. Bourhis trouver une nouvelle structure qui puisse le faire ré-élire. Et suite à la frayeur qu’a du avoir l’UMP, également aux dernières élections régionales, il faut bien qu’elle fasse son mercato d’été pour essayer de grappiller des voix par ci par là !!!

Chacun sa stratégie pour essayer de cacher qu’on est d’extrême droite : Alsace d’Abord choisit d’appeler un « chien » un « chat » et se dit « régionaliste » ! Stéphane Bourhis et Christian Chaton changent de parti pour retrouver une certaine virginité !

Ensemble, combattons l’extrême droite !

Vive la lutte antifasciste !

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2 commentaires pour L’UMP siphonne Alsace d’Abord !

  1. Ping : Lauffenburger et de Lamberterie : d’Alsace d’Abord au FN ! | Action Antifasciste Alsace

  2. solimusik dit :

    « Stéphane Bourhis a-t-il rompu définitivement avec ses idées d’extrême-droite professées ainsi à de nombreuses reprises ? »

    Il garde toujours un goût prononcé pour les guerriers celtes et un lien vers le site Polémia (Jean-Yves Le Gallou) sur son blog : http://www.hoenheim.com/

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