De la profanation d’un cimetière au meurtre : l’escalade rasciste

Emmanuel Rist, 40 ans, a comparu à nouveau devant la cour d’assises du Haut-Rhin. Déjà condamné pour la profanation du cimetière juif d’Herrlisheim ainsi que pour tentative de meurtre dans une seconde affaire, Emmanuel Rist va être jugé pour le meurtre par balle de Mohammed Madsini, un vendeur de tapis marocain, abattu le 22 mai 2001 en pleine rue à Gundolsheim. « L’enquête menée par les gendarmes de la section de recherches de Strasbourg avait permis de remonter jusqu’à Emmanuel Rist. Placé en garde à vue le 28 août 2007, il avait avoué les faits. Il avait ensuite été mis en examen » [1] (Voir aussi notre post précédent : https://antifalsace.wordpress.com/2010/09/04/neo-nazi-en-alsace/)

Profanation du cimetière juif d’Herrlisheim

« Dans la nuit du 29 au 30 avril 2004, date anniversaire de la mort d’Adolf Hitler, 117 tombes et plusieurs monuments du cimetière de Herrlisheim avaient été souillés de croix gammées (note AAA : et croix celtiques [3]), de sigles « SS » et d’inscriptions antisémites ou faisant l’apologie du nazisme. » [2]

Parmi les inscriptions : « juden raus » (dehors, les juifs), « NSDAP » (le sigle du parti nazi), des drapeaux allemands et une curieuse inscription, « TIWAZ 2882 », dont la première lettre était une flèche dirigée vers le haut. [3]

TIWAZ 2882 est également l’inscription qui a été retrouvé sur les lieu de l’explosion d’un cabanon de jardin qu’occupait un ouvrier marocain, et pour laquelle Emmanuel Rist a déjà été condamné. C’est une rune nordico-germanique et 2882 était la plaque militaire d’un soldat allemand achetée dans un marché aux armes . [3]
Pour ces faits, Emmanuel Rist et ses complices Laurent Boulanger et Laurent Peterschmitt, tous trois anciens employés dans la même entreprise de sécurité, ont été condamnés respectivement à 30, 18 et 12 mois de prisons, dont 6 avec sursis pour Boulanger et Peterschmitt. [4]

Tentative de meurtre en raison de l’appartenance ou la non-appartenance à une ethnie

« La cour d’assises du Haut-Rhin a condamné les auteurs de la profanation du cimetière juif d’Herrlisheim, Emmanuel Rist et Laurent Boulanger, à 10 ans de réclusion criminelle pour avoir grièvement blessé un retraité marocain, en piégeant son cabanon avec une bombe en 2005. Dans son verdict, la cour a jugé les deux hommes coupables de « violences volontaires entraînant une infirmité.
[…]
Rist s’inscrit « dans ce racisme appartenant à la mouvance nazie », a martelé le magistrat qui a rappelé avec insistance que la cellule Tiwaz 2882 de Rist qui a revendiqué l’explosion au nom de la « race nordico-aryenne », avait pour objectif de « libérer l’Alsace des non-Alsaciens ».
Et de charger l’accusé en lui rappelant sa déclaration aux enquêteurs selon laquelle la bombe devait servir « à tuer », ce que Rist avait plus tard démenti.
[…]
D’après les experts, Boulanger avait, lui, dessiné le plan des jardins familiaux et désigné le cabanon de la victime.
 » [5]

Meutre

« Le 22 mai 2001, (Mohammed Madsini) vendeur de tapis d’origine marocaine avait été tué d’une balle tirée dans la tête, en pleine rue à Gundolsheim. L’enquête menée par les gendarmes de la section de recherches de Strasbourg avait permis de remonter jusqu’à Emmanuel Rist. Placé en garde à vue le 28 août 2007, il avait avoué les faits. Il avait ensuite été mis en examen. C’est par un courrier daté du 23 octobre que le mis en cause était revenu sur ses aveux, désignant une autre personne dont il n’a pas voulu donner le nom. » [1]

[1] http://www.lalsace.fr/fr/permalien/article/3522817/Emmanuel-Rist-devant-la-cour-d-assises-pour-assassinat.html

[2] http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20070910.OBS4129/les-profanateurs-d-herrlisheimse-defendent-d-etre-racistes.html

[3] http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20070911.OBS4292/herrlisheim-un-profanateurexprime-ses-regrets.html

[4] http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20070912.OBS4546/herrlisheim-30-mois-fermepour-emmanuel-rist.html

[5] http://www.lepoint.fr/archives/article.php/325523

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Les profanateurs de Herrlisheim haïssaient la  »racaille »

J.C. (lefigaro.fr) avec AFP et AP
14/10/2007 | Mise à jour : 13:25 <!–

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Emmanuel Rist, Laurent Peterschmitt et Laurent Boulanger.
Emmanuel Rist, Laurent Peterschmitt et Laurent Boulanger. Crédits photo : Montage lefigaro.fr/photos AFP

Deux des trois hommes jugés pour la profanation du cimetière juif en 2004 nient toute motivation raciste.

«C’est contradictoire, ce que je pense et ce que j’ai fait. Je me demande comment j’ai été aussi con pour faire une chose pareille», a déclaré au premier jour de son procès, Laurent Peterschmitt, l’un des trois hommes jugés pour la profanation du cimetière juif de Herrlisheim-près-Colmar, dans le Haut-Rhin en 2004.
Laurent Peterschmitt, 28 ans, Emmanuel Rist, 37 ans et Laurent Boulanger, 27 ans sont poursuivis pour avoir profané 117 tombes souillées par des croix gammées et celtiques, des sigles SS ainsi que des inscriptions antisémites à Herrlisheim, dans la nuit du 29 au 30 avril 2004, date anniversaire de la mort d’Adolf Hitler.
Au cours de cette première journée de procès qui s’achèvera mercredi, Laurent Peterschmitt a exprimé sa haine des racailles. «Ce sont des gens qui ne travaillent pas, qui ne s’intègrent pas, qui foutent le bordel (…) qui viennent perturber la tranquillité de son «village de Gaulois», a affirmé le jeune homme qui se revendique d’Astérix plutôt que du IIIe Reich.
Laurent Peterschmitt estime avoir été «utilisé» par Emmanuel Rist, qui fait figure d’idéologue du groupe et qui était à l’époque son supérieur hiérarchique au sein d’une entreprise de sécurité.
«Vous ignorez l’extermination des juifs ?»
Le deuxième prévenu, Laurent Boulanger, travaillait aussi sous les ordres d’Emmanuel Rist. Lui aussi a assuré qu’il n’avait «pas réalisé» ce qu’il faisait à Herrlisheim et s’est dit prêt à «assumer» ses actes. Hitler ne «représente rien» pour lui. «Je n’ai jamais été fort en histoire», a-t-il expliqué, ajoutant qu’il n’a jamais entendu parler des camps d’extermination. Une excuse qu’il a fait valoir pour répondre à Me Alain Jakubowicz, avocat du Consistoire central, Union des communautés juives de France. «Vous ignorez l’extermination des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale et vous savez comment dessiner une croix gammée ?», a fait mine de s’étonner l’avocat.
Emmanuel Rist, l’air souvent exaspéré pendant l’audition de ses acolytes, devait être entendu dans l’après-midi. Cet ancien agent de sécurité a déjà été condamné en novembre 2006 pour des courriers antisémites, et inculpé dans deux autres affaires pour une tentative de meurtre et pour un assassinat. Il est soupçonné d’avoir voulu tuer, aux côtés de Laurent Boulanger, un Marocain en septembre 2005 à Rouffach et il a été inculpé fin août d’assassinat, pour avoir tué en pleine rue d’un homme d’origine marocaine en mai 2001 à Gundolsheim.

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Publié le 10/03/2009 AFP

Les coauteurs d’Herrlisheim condamnés à 10 ans pour avoir blessé un immigré

Par Laurent GESLIN

La cour d’assises du Haut-Rhin a condamné les auteurs de la profanation du cimetière juif d’Herrlisheim, Emmanuel Rist et Laurent Boulanger, à 10 ans de réclusion criminelle pour avoir grièvement blessé un retraité marocain, en piégeant son cabanon avec une bombe en 2005.

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La cour d’assises du Haut-Rhin a condamné les auteurs de la profanation du cimetière juif d’Herrlisheim, Emmanuel Rist et Laurent Boulanger, à 10 ans de réclusion criminelle pour avoir grièvement blessé un retraité marocain, en piégeant son cabanon avec une bombe en 2005.

Dans son verdict, la cour a jugé les deux hommes coupables de « violences volontaires entraînant une infirmité » à l’égard de Lhabib Benamar, 66 ans, un Marocain installé en France depuis 1966.

Le 8 septembre 2005 à Rouffach, alors qu’il ouvrait le loquet de son cabanon de jardin, Lhabib Benamar avait été grièvement blessé par l’explosion de son abri qui avait été piégé.

Rist et Boulanger étaient poursuivis à l’origine pour « tentative de meurtre en raison de l’appartenance ou la non-appartenance à une ethnie ».

Dans son réquisitoire, l’avocat général Alain Reynaud avait retenu la thèse de l’homicide volontaire et requis douze ans de réclusion criminelle minimum à l’encontre de Rist et 8 ans de prison minimum contre Boulanger en raison du caractère influençable de ce dernier.

Rist s’inscrit « dans ce racisme appartenant à la mouvance nazie », a martelé le magistrat qui a rappelé avec insistance que la cellule Tiwaz 2882 de Rist qui a revendiqué l’explosion au nom de la « race nordico-aryenne », avait pour objectif de « libérer l’Alsace des non-Alsaciens ».

Et de charger l’accusé en lui rappelant sa déclaration aux enquêteurs selon laquelle la bombe devait servir « à tuer », ce que Rist avait plus tard démenti.

Lors des quatre jours de procès, les questions de la préméditation et des mobiles racistes ont cristallisé l’essentiel des débats.

Rist, présenté comme un fanatique de l’Allemagne et du IIIe Reich, a admis avoir préparé la bombe, confectionnée avec un kilo de poudre noire tandis que Boulanger, 28 ans, a déclaré n’avoir rien su des intention de son coaccusé.

D’après les experts, Boulanger avait, lui, dessiné le plan des jardins familiaux et désigné le cabanon de la victime.

« Ils se sont bien trouvés »: l’expression revenait comme un leitmotiv dans la bouche des avocats des parties civiles représentant des associations de lutte contre le racisme qui ont souligné le caractère particulièrement raciste des faits commis.

Christine Mengus, pour le MRAP, a souligné que « combattre une race signifiait sous le IIIe Reich: extermination, solution finale », tandis que Rodolphe Cahn, pour la Licra, a parlé d’un acte de « purification ethnique ».

L’avocat de la victime, Jean-Luc Vonfelt, a de son côté rappelé que le retraité qui dit continuer à avoir peur, souffre d’un « traumatisme qui ne s’efface pas ».

Le défenseur de Boulanger, Me Sacha Rebmann, avait appelé les jurés à faire la distinction dans les peines, en raison du « caractère influençable » de son client. L’avocat de Rist, Renaud Bettcher a, lui, réclamé « une peine juste » et identique pour les deux accusés.

Dans une plaidoirie-fleuve, Me Bettcher a qualifié son client de « soldat perdu, avec une cause: l’identité locale ».

Avant que la cour ne se retire pour délibérer, Emmanuel Rist, 39 ans, a pris une dernière fois la parole pour dire qu’il avait changé. Rappelant avoir écrit à la victime, il lui a une nouvelle fois présenté ses excuses se disant touché qu’aujourd’hui un de ses filleuls, « un Rist », soit ami d’un enfant de la famille Benamar.

Selon lui, ces deux enfants montrent « le chemin de la démocratie ». Il a qualifié cette amitié de « pied de nez à un parrain raciste » qui, espère-t-il, permettra que « plus personne ne puisse reproduire ce qui a été fait ».

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