Les Gitans de Heimersdorf, des Alsaciens un peu à part

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Les Gitans de Heimersdorf, des Alsaciens un peu à part

LEMONDE.FR | 13.09.10 | 12h30
Le "chef" du campement de gitans de Heimersdorf, en Alsace.
Alexandre Piquard
Le « chef » du campement de gitans de Heimersdorf, en Alsace.

En pleine polémique sur les expulsions de Roms, autour de Heimersdorf, en Alsace, on entend parfois parler du campement de Gitans situé en bordure du village. Certes, leur situation diffère de celle des Roumains récemment reconduits dans leur pays : ces quinze familles, de nationalité française, sont en effet installées dans la commune depuis plus de cinquante ans. Et ils sont « bien intégrés », soulignent des habitants. Mais dans cette région rurale, qui a massivement voté pour Nicolas Sarkozy en 2007, le discours sécuritaire du président cet été n’a-t-il pas un peu durci l’ambiance ?

Patricia est l’une des Gitanes issue du campement. Elle est citée comme un exemple de l’intégration réussie des Tziganes de Heimersdorf, et habite dans une « vraie » maison, dans un village voisin. Pourtant, elle ne se sent pas moins concernée par la politique de reconduites à la frontière des Roms. « Ces expulsions, c’est triste, c’est inhumain ! Ça me rappelle une autre époque, lâche-t-elle émue. Ces gens-là ne font de mal à personne… La France, quand même c’est le pays de la devise ‘Liberté, égalité, fraternité’. Sarkozy, ce n’est plus la France. »

Cette trentenaire ne cache pas qu’elle n’a pas voté pour Nicolas Sarkozy mais pour des gens « plus humains ». Ce choix ne pose-t-il pas problème dans un village où beaucoup soutiennent plutôt la politique du gouvernement ? « Non, il y a des gens qui comprennent, et on parle assez peu de cela », répond Patricia, faisant un signe à un voisin, en symbole de la bonne coexistence avec son entourage.

TOUJOURS PAS DE RACCORDEMENT À L’EAU

Pourtant, depuis cinquante ans, les Gitans de Heimersdorf vivent toujours dans des conditions précaires. La situation s’est certes améliorée : des chalets en bois ont remplacé ces dernières années les caravanes. Mais ces habitations ne possèdent pas de sanitaires. « Cela fait des années que l’on demande le raccordement à l’eau. On va remplir les jerricanes à la source, au bord de la route. Quand il y a de la neige, ou trop de pluie, c’est bloqué« , se plaint Patrick, 47 ans, l’un des piliers du camp. « On n’a pas non plus de toilettes », ajoute-t-il, en faisant un signe vers les arbres en bordure du campement. Le blocage des dossiers sur ce sujet symbolise pour lui la froideur qui persiste dans les relations avec le village tout proche.

« Cela fait presque cinquante ans que certains problèmes demeurent, c’est difficile de les résoudre en un mandat », justifie le maire de Heimersdorf, Michel Desserich. « Une partie du terrain ne leur appartient pas et constitue une occupation un peu sauvage d’un terrain d’un agriculteur, en dehors de la zone de construction du village. Les conduites d’eau n’arrivent pas jusque-là », soutient l’élu, qui promet pourtant qu’une solution devrait être étudiée dans le cadre du futur Plan local d’urbanisme. Mais celui-ci ne devrait pas être achevé avant « deux ans ». Quand on l’interroge sur le climat lié aux expulsions de Roms, Michel Desserich regrette que cette population soit « diabolisée », tout en affirmant que dans le village, « on ne fait pas l’amalgame » avec les Gitans du campement. « On vit les uns à côté des autres, en se tolérant, sans qu’il y ait de difficultés particulières », conclut-il.

« CHACUN VIT DE SON CÔTÉ »

« Il y a un peu plus d’indifférence qu’auparavant. Chacun vit de son côté », estime pourtant Roselyne Coudray, ancienne conseillère municipal de Heimersdorf, qui a noué des liens avec les Gitans qui ont « aidé son père à poser les fondations de sa maison ». « Il y a des rigidités de culture dans la communauté et du racisme, à l’extérieur, et même parmi les gitans. C’est difficile de faire avancer les choses », regrette à son tour Denis Buchet, lui aussi ancien conseiller municipal.

Ce professeur de collège croise au camp « Robert », un de ses anciens élèves, dont la voix dénote au sein du campement : « Sarkozy ne fait pas que des choses mauvaises. Et le comportement de certains gens du voyage explique pourquoi des Français leur sont hostiles », lâche-t-il, notamment en référence à l’attaque, à coup de haches et de barre de fer, d’une gendarmerie à Saint-Aignan par des dizaines de gens du voyage, après la mort de l’un d’entre eux en juillet.

Ce trentenaire est revenu au campement il y a cinq mois, après dix-sept années passées ailleurs, dans le Haut-Rhin. « Ici, presque tout le monde touche le RSA. C’est pas normal et ça ne sert pas à grand chose », poursuit-il, non sans un peu de provocation. Il fustige également les « superstitions » ou le fait que les Gitanes aient des enfants trop jeunes, et restent souvent au foyer. « J’ai toujours été un peu différent », sourit-il. En l’entendant, Patrick, figure du campement, lève les yeux au ciel et soupire : « Ceux qui partent d’ici, ils reviennent avec la tête changée. » Il rappelle les difficultés qu’ont les Gitans à trouver du travail : seule une dizaine de personnes du camp ont un emploi.

Alexandre Piquard
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CHANTAL ESTEVE
17.09.10 | 15h17

Si on leur attribuait des logements sociaux – ce sont des français, ils ont les mêmes droits que tout un chacun -ça coûterait certainement plus cher que de faire une adduction d’eau. Et le Maire ne peut pas trouver d’aides pour ce type d’action ? Il me semble qu’il y a un peu de mauvaise volonté.

bradac
17.09.10 | 15h09

Les sujets installés depuis à peine 50 ans ne sauraient être considérés comme des alsaciens par les autochtones, la limite supérieure pour est considéré comme ou assimilé est une arrivée en Alsace avant le traité de Vienne et le deuxième traité de Paris soit 1815 . Sinon vous etes vous, vos enfants, et toutes vos générations futures des « gens venus d’ailleurs  » ; Si vous etes d’origine lorraine cette limite ne tient pas, vous serez un proscrit qq soient les siècles qui s’écoulent

fadammi
15.09.10 | 00h18

Concernant les problemes de raccordement …il suffit tout simplement d acheter un terrain viabilisé. comme tout le monde. et personnellement je connais un gitan de chez nous (Alsace) qui s est fait installé une fosse à ses frais….et c est très bien ainsi. pourquoi vouloir toujours tout offrir….nous n en avons plus les moyens et personnellement ni l etat ni la ville ni personne ne m a jamsi fait de cadeau alors pour quoi en faire…au nom de la difference??? ce n est pas stigmatiser???

Charles-Hubert de Girondiac
14.09.10 | 10h01

Les gens modestes ont toujours des rèves simples. Quand un immigré arrive en France et qu’il est maltraité, c’est mon rève et mes espoirs de Français qui sont maltraités. Ceux qui les accusent de sucer le sang de la France se trompent et projettent en fait leurs propres frustrations de « petit bourgeois ». C’est tout le contraire. La sagesse que j’en ai retirée est de rester moi-même modeste dans mes conditions de vie et de toujours m’arrêter dans mes désirs.

13.09.10 | 23h10

« Les conduites d’eau n’arrivent pas jusque-là » depuis 60 ans ! (et non 50), j’en suis un témoin encore vivant. J’espère qu’après 50 ans le sang arrive enfin dans votre coeur, que la lumière atteint enfin votre esprit, monsieur le maire, ainsi qu’à certains de vos administrés, que la honte arrive enfin à rougir vos fronts ! J’espère aussi que le nouveau curé de votre village y voit enfin un peu plus clair dans son évangile ! Das Elsass unser Ländel das esch a schenas Land !

13.09.10 | 22h51

Agé de 7-8 ans à Vx Ferrette j’ai connu certains de ces gitans. Persécutés par des habitants du village, moqués par le curé en public, ils ont fui à Heimersdorf, loin du village. Jusque dans les années 60 ce même curé faisait brûler le « juif rouge » le samedi saint tôt. J’étais enfant, mes parents fuyaient des explications dangereuses. J’ai compris plus tard ce « rot Jud » et le problème des gitans, que nombre des « purificateurs » étaient sadiques et racistes. Ce racisme est un crime qui refleurit!

MICHEL URBAN
13.09.10 | 20h48

Ne pas oublier : http://picasaweb.google.fr/104036645305846 379539/NecropoleDeSiegolsheimPresDeColmar#

ALSACIEN PATRIOTE OPTANT
13.09.10 | 18h39

Les profs alsaciens doivent faire visiter aux élèves les cimetières militaires des Vosges et de la plaine d’Alsace du coté de ce qui fut la poche de Colmar Ils y verraient les alignements des stèles portant l’étoile et le croissant aux dorment aux cotés tombes surmontées des croix et étoiles de David,les Africains venus liberer l’ingrate mère patrie.Ils sauraient qu’en 1870 le 1er Tirailleur se sacrifia à Wissembourg pour enlever à la baïonnette « les canons semant la mort chez nos lignards »

VISITEUR DU SOIR
13.09.10 | 18h22

Les communes reçoivent de l’Etat une Dotation Globale de Fonctionnement DGF)Montant global au niveau national :environ l’Impot sur le revenus’ajoutent des subventions etc Ainsi cher Benoit je paie les réseaux publics auxquels vous êtes raccordés.La demande de ces gens, n’est pas déraisonnable Ils veulent que leur »camping » ait un point d’eau et des WC collectifs..Serait-ce plus cher et moins utile que des pots en mairie, des illuminations de fin d’année, des mégacrayons devant les ecoles

nicole l.
13.09.10 | 17h14

@ un « noir » : Das Elsàss unser Ländel Dàs ìsch meineidig scheen L’Alsace notre pays Elle est fichtrement belle … était un chant populaire, symbole de la contestation alsacienne contre la Prusse (1870-1918). Il faut progresser ! Nous sommes des Européens.

M.U
13.09.10 | 15h31

Les conditions historiques du rattachement de l’Alsace à la France, l’attachement viscéral de cette région aux valeurs de la république sont oubliées. Il y a des jours où on a honte d’être alsacien.

Charles-Hubert de Girondiac
13.09.10 | 15h00

Voilà, tout est dit. On ne peut pas dire que c’est de leur faute, ou qu’ils refusent de s’intégrer. Les Harkis ont été traités de la même façon. La France a refusé de payer les anciens soldats africains. C’est cela le racisme. En plus ils doivent sans doute travailler comme ouvriers agricoles quand les gens du coin ont besoin de main d’oeuvre. Autrefois dans les campagnes les ouvriers agricoles étaient traités de cette façon.

un  » noir « 
13.09.10 | 14h56

Ce ne sont plus tout à fait des gitans,mais moins encore des alsaciens,dont pourtant ils partagent parfois bien souvent le même dialecte.Des Elsanss unser ländel,des eisch nemmi wonder schönn…(Cette Alsace notre terre,elle n’est plus aussi belle…)

13.09.10 | 14h34

Désolé de pas comprendre: moi si je m’installe sur un terrain avec ma famille, je vérifie qu’il y a l’eau et je met une fosse septique. Je ne m’installe pas sur un terrain qui ne m’appartiens pas en me plaignant EN PLUS que l’Etat ne vienne pas me construire mes chiottes avec les impots locaux des voisins. Que l’Etat soutienne, facilite l’entraide, assiste les moins capables, oui. Que l’Etat sponsorise donc encourage des comportements irresponsables sous prétexte de respect des cultures, non.


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