Les expériences médicales au Struthof

Les expériences médicales au Struthof (Article publié le avril 23 2010)

Dimanche matin à 9h, France-Inter diffuse un reportage sur les expérimentations médicales des médecines nazies de la Reichuniversität von Strassburg.

Nous serons derrière notre transistor, mais c’est pour nous l’occasion de revenir, un peu, sur l’histoire du Camp de Concentration de Natzwiller – Struthof. Il n’est pas possible de d’aborder tous les points en détail. Pour rester proche de l’émission de dimanche, nous développerons la partie sur les expériences médicales.

Le camp et les prisonniers

Les déportés du camp étaient originaires de toute l’Europe et d’horizon multiple. En grande majorité, ce furent des déportés politiques, mais aussi des Juifs, Tziganes, homosexuels. Près de 52 000 personnes d’une trentaine de nationalités différentes ont été déportées : majoritairement des Polonais, des Soviétiques et des Français (dont un quart d’Alsaciens-Mosellans), puis des Belges, des Norvégiens, des Luxembourgeois, mais aussi des Allemands, Grecs, Yougoslaves, Tchèques, Autrichiens, Lituaniens, Néerlandais, Italiens et Slovènes.

Les « expériences médicales »

Pendant la seconde guerre mondiale, l’université de Strasbourg fut en exil à Clermont-Ferrand. Dans ses locaux s’installa la Reichuniversität von Strassburg.
En Alsace se trouve également l’unique camp de concentration nazi de France : Natzwiller – Struthof. Les liens entre le camp et la Reichuniversität von Strassburg sont connus. Des médecins de l’université menaient leurs recherches nazies sur l’homme « judéo-bolchévique » au Struthof. Pour ce faire le professeur Hirt, proche de Heinrich Himmler, « commandait » des cobayes humains dans le but « d’étudier » cette « race d’homme » qui était amené à disparaître : il fallait donc pour les médecins nazis garder des spécimens pour les générations futures. Et comme les prisonniers du camp ne convenaient pas aux expérimentateurs nazis, ils en importèrent des autres camps nazis.

Parmi les « expériences » qui ont été faites :

(source : Site officiel http://www.struthof.fr/fileadmin/MEDIA/Pdf_Ressources/07_Mediatheque/telechargement/ressources/natzweiler-struthof_fr.pdf )

« Une collection de crânes juifs

La chambre à gaz du camp de Natzwiller a notamment été utilisée pour l’assassinat de 87 Juifs.

En 1941, Hirt, professeur à l’Institut d’Anatomie de l’Université de Strasbourg (membre de la SS) désire réaliser une collection de crânes juifs, avant l’extermination de cette « race ». En 1942, après être passé par plusieurs intermédiaires, Hirt reçoit l’autorisation de Himmler de réaliser son projet. Il passe commande à Auschwitz pour obtenir le « matériel » nécessaire.

Après une longue sélection (photographies, moulures de crânes, mesures en tout genre), les détenus quittent Auschwitz.

En août 1943, 109 déportés juifs arrivent au camp de Natzwiller.

Entre le 14 et le 21 août, 87 d’entre eux sont gazés dans la chambre à gaz. C’est le commandant du camp, Kramer (cf La déposition de Kramer), qui s’occupe lui-même du gazage. Il utilise des sels produisant un gaz toxique que lui a remis le Pr. Hirt de l’Institut d’Anatomie de l’Université de Strasbourg. Comme en témoigne Henri Henrypierre (préparateur à l’université) lors du procès des médecins nazis à Nuremberg en 1946, les corps ont ensuite été transportés à l’Institut où des cuves remplies d’alcool avaient été préparées pour les conserver.

A la libération, les SS donnent l’ordre de découper et de brûler les corps (restés intacts pendant plus d’un an) afin de ne laisser aucune trace. Ils n’ont pas le temps de faire disparaître tous les corps. L’un d’entre eux sera identifié grâce à Henrypierre qui avait noté les numéros de matricules des détenus à leur arrivée.

[Note de AAAlsace :
Ce n’est qu’en 2004 que les 86 victimes de Hirt sont identifiées, grâce au travail d’un journaliste allemand, Hans Joachim Lang. Ce n’est qu’en 2005 que la faculté de médecine de Strasbourg accepte de déposer une plaque sur sa façade, rappelant les expériences d’August Hirt, alors qu’un collectif, le cercle Menachem Taffel (Voir ici http://judaisme.sdv.fr/histoire/shh/struthof/taffel.htm, nous en reparlerons bientôt) , le demandait depuis des années. Menachem Taffel est la première victime qui a pu être identifié, grâce au courage de Henri Henripierre. Ce dernier employé des Hospices Civiles de Strasbourg a du participer à la conservation les cadavres dans l’alcool et a noté secrètement la liste des 86 matricules tatoués sur l’avant-bras des victimes. Mais aujourd’hui encore, de nombreux médecins refusent toujours d’évoquer cette sinistre page de l’histoire de l’université, rappelant que tous les professeurs strasbourgeois s’étaient installés à Clermont-Ferrand.]
Des expériences sur l’ypérite

Le Reichsführer SS, Himmler, est obsédé par une éventuelle guerre chimique et plus précisément par une attaque des alliés à l’ypérite. Avec la complicité de Kramer, commandant du camp, le Pr. Hirt réalise une série d’expériences censées permettre de trouver un moyen de protéger les soldats allemands des terribles brûlures provoquées par l’ypérite.

Une goutte d’ypérite est déposée sur le bras des détenus. Ceux-ci deviennent aveugles et meurent après plusieurs jours dans d’atroces douleurs, le corps recouvert de brûlures. Hirt s’empresse ensuite de disséquer les corps, notamment pour agrandir sa collection d’organes.

Des expériences sur le typhus

Eugen Haagen, spécialiste des virus et des questions d’immunité, chef de service et professeur à l’Institut Robert Koch à Berlin, procède à des expériences, dont l’objectif est de trouver un vaccin contre le typhus. Parmi les victimes du Pr. Haagen se trouvaient des Tziganes n provenance d’Auschwitz à qui l’on a injecté le virus du typhus. Ces expériences n’ont donné aucun résultat et ont provoqué une épidémie de typhus dans le camp jusque-là épargné par cette maladie.

Des expériences sur le phosgène

En 1941, le Dr Otto Bikenbach, devient professeur de clinique médicale à l’Université de Strasbourg. Il se consacre à l’étude du phosgène, un gaz dangereux qui provoque des odèmes pulmonaires souvent mortels. En 1943, il reçoit l’ordre de réaliser des expériences sur des détenus mis à sa disposition. C’est apparemment à contre coeur et sous l’étroite surveillance de Hirt que Bikenbach réalisera ces expériences qu’il considère vouées à l’échec. »

Un autre médecin SS, le professeur Eugen Haagen, a pratiqué au Struthof des injections de lèpre, de peste et d’autres maladies sur des détenus de manière à observer les effets de ces contaminations ; plusieurs traitements étaient essayés pour une même maladie. L’expérience terminée, si les sujets n’étaient pas morts, ils étaient exterminés et incinérés.

La déposition de Kramer

Déposition de Joseph Kramer enregistrée par le commandant Jadin, juge d’instruction militaire près le tribunal militaire de la 10e région militaire, en déplacement à la prison de Celle, 26 juillet 1945, au sujet du gazage de 86 Juifs au Struthof :

« Au début d’août 1943, je reçus les 80 internés destinés à être supprimés (…), et je commençai par faire conduire dans la chambre à gaz un certain soir, vers 9 heures, à l’aide d’une camionnette, une première fois, une quinzaine de femmes environ. Je déclarai à ces femmes qu’elles devaient passer dans la chambre de désinfection et je leur cachai qu’elles devaient être asphyxiées.
Assisté de quelques SS, je les fis complètement se déshabiller et je les poussai dans la chambre à gaz, alors qu’elles étaient toutes nues. Au moment où je fermais la porte, elles se mirent à hurler. J’introduisis, après avoir fermé la porte, une certaine quantité de sels dans un entonnoir placé au-dessus à droite du regard. Puis, je fermai l’orifice de l’entonnoir à l’aide d’un robinet qui était adapté dans le bas de cet entonnoir, prolongé lui-même par un tube en métal. Ce tube en métal conduisit le sel et l’eau dans l’excavation intérieure de la chambre dont je viens de vous parler. J’allumai l’intérieur de la chambre à l’aide du commutateur placé près de l’entonnoir et j’observai par le regard ce qui se passait à l’intérieur de la chambre.
Je constatai que ces femmes ont continué à respirer une demi-minute, puis elles tombèrent à terre. Lorsque j’ouvris la porte après avoir fait en même temps marcher la ventilation à l’intérieur de cheminée d’aération, je constatai que ces femmes étaient étendues sans vie et qu’elles avaient laissé échapper leurs matières fécales.
J’ai chargé deux officiers SS infirmiers de transporter ces cadavres dans une camionnette, le lendemain matin, vers 5h30, pour qu’ils soient conduits à l’Institut d’anatomie, ainsi que le professeur Hirt me l’avait demandé.
Quelques jours après, dans les mêmes conditions que sus-indiquées, j’ai conduit de nouveau dans la chambre à gaz une certaine quantité de femmes qui furent asphyxiées de la même façon, puis encore quelques jours après, j’ai fait conduire dans la chambre à gaz, en deux ou trois fois, peut-être une cinquantaine d’hommes environ, peut-être cinquante-cinq qui furent supprimés toujours à l’aide de ces sels que je tenais de Hirt.
Demande Vous m’avez tout à l’heure, parlé des conditions dans lesquelles vous avez exécuté les internés à l’aide de gaz asphyxiants. Au cas où les internés n’auraient pas été tués à la suite de l’introduction des gaz, faite par vous, les auriez-vous achevés à l’aide d’une balle ?
J’aurais tenté de les asphyxier à nouveau en projetant dans la chambre une seconde dose de gaz. Je n’ai éprouvé aucune émotion en accomplissant ces actes, car j’avais reçu l’ordre d’exécuter de la façon dont je vous ai indiqué les 80 internés. J’ai d’ailleurs été élevé comme cela. »

1976 : L’incendie du camp

Tout le monde se souvient du vol de l’inscription « Arbeit macht frei » du camp d’Auschwitz I. Le 16 avril 2010, « le tribunal de Cracovie, dans le sud de la Pologne a ordonné (vendredi) trois mois de détention provisoire pour l’ancien leader néonazi suédois Anders Högström, commanditaire présumé du vol de l’inscription « Arbeit macht frei » de l’ancien camp nazi d’Auschwitz. » (Lire l’article de l’AFP ici http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hs16UU81uTeC8i-ieYoDB8L6KE7w )

Par contre, on se souvient peu de la destruction du camp du Struthof, dans la nuit du 12 mai au 13 mai 1976, par un incendie criminel. Cet acte a été commis par des négationnistes néo-nazis locaux : les Loups Noirs.

Vidéo Ina :  http://www.ina.fr/art-et-culture/musees-et-expositions/video/CAA7600525401/incendie-camp-struthof.fr.html

A leur tête, Pierre Rieffel, distillateur dans le Val de Villé mais notoirement connu pour être un collabo !

Pour la fête de rentrée 2009, Alsace d’Abord nous explique, qu’ils ont « eu le plaisir de recevoir Pierre Rieffel, ardent défenseur de l’Alsace et bien connu des milieux autonomistes. »

Les ramifications entre les négationnistes néo-nazis et Alsace d’abord et Jeune Alsace sont là. Comme le disaient nos camarades de l’Action Antifasciste de Bordeaux dans l’article « Dies irae montre son vrai visage » du 21 avril 2010 (à lire ici http://aabdx.lescigales.org/index.html#21042010) :

« Les fascistes ont toujours procédé par étapes: ils commencent avec une image soft de gentils défenseurs du patrimoine culinaire (« anti mac do », « pour une nourriture saine »…), font un coup de pub en disant aider un « artisan ruiné par la crise », organisent des « services pour les mamans », des braderies de solidarité pour les blancs puis passe au sport, une fois que le groupe se sent suffisamment fort, après avoir répété des arguments anti-musulmans qu’il partage avec la petite bourgeoisie colonialiste, raciste et laïciste, il passe à l’attaque et finit par montrer son vrai visage génocidaire. »

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dimanche 25 avril 2010

Reichsuniversität de Strasbourg : des médecins au service du nazisme

photo

Quand on parle de médecine et de nazisme, on pense immédiatement à Josef Mengele, ce médecin allemand criminel de guerre qui pratiqua des expériences pseudo-scientifiques au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Les crimes commis par trois médecins allemands de l’université de Strasbourg durant l’annexion de l’Alsace au Reich nazi sont moins connus. Pourtant ces trois scientifiques reconnus pratiquèrent eux aussi des expériences sur des détenus du camp de Natzweiller-Struthof, situé à quelques kilomètres de Strasbourg. L’un d’entre eux, le professeur Hirth, anatomiste et ami du chef des SS Heinrich Himmler, fit même gazer 86 déportés et amener leurs corps à l’université de Strasbourg dans l’unique but de constituer après guerre un musée de la « race judéo-bolchévique ».

Cette histoire liée à l’annexion au Reich nazi reste douloureuse en Alsace, même si l’Université française de Strasbourg s’était à l’époque réfugiée dans le centre de la France et n’est pas en cause. La commémoration de ces crimes, les questions qu’ils posent sur les rapports troubles entre les médecins allemands et le nazisme, les leçons qu’on en tire –ou pas- pour l’enseignement des étudiants en médecine d’aujourd’hui font encore polémique. Pour la journée nationale du souvenir de la déportation, le 25 avril, Olivier Vogel et Pascal Doumange ont interrogé des historiens, des témoins de l’époque et des responsables associatifs qui retracent cette histoire dramatique et évoquent les difficultés à la commémorer.

photo : © Musée de Struthof

Dimanche prochain :

Bande Annonce : Vivre avec son siècle. Un reportage de Véronique Julia

Ecoutez >>


programmation musicale

  • > SEBASTIAN MEISSNER-RAN SLAVIN-ERAN SACHS : KAZIMIERZ: THE MAKING OF THE GHETTO
    album : INTO THE VOID
    (SUB ROSA)
  • > KIKO C.ESSEIVA : EN REVE
    album : SOUS LES ETOILES
    (HINTERZIMMER)
  • > TJ NORRIS : SKELETON
    album : TRIMIX
    (INNOVA RECORDINGS)
  • > APHEX TWIN : STROTHA TYNHE
    album : DRUKQS
    (WARP RECORDS)
  • > APHEX TWIN : B+W STRIPES
    album : SELECTED AMBIENT WORKS, VOL.2
    (SIRE/ LONDON/RHINO)
  • > SEBASTIAN MEISSNER-RAN SLAVIN-ERAN SACHS : KAZIMIERZ: EMPTY AND GHOSTLY PLACE
    album : INTO THE VOID
    (SUB ROSA)
  • > TJ NORRIS : GAL-FEL
    album : TRIMIX
    (INNOVA RECORDINGS)

livres

photoLivre

Robert Steegmann

Le Struthof

Une histoire du camp de concentration Natzwiller-Struthof illustrée de documents d’époque.

éditeur : Nuée bleue
parution : octobre 2005

photoLivre

Robert Steegmann

Le camp de Natzweiler-Struthof

L’enquête menée par R. Steegmann étudie les particularités, le fonctionnement et les rouages du KL-Natzweiler, un camp de concentration situé en Alsace. Durant la Seconde Guerre mondiale, près de 52.000 hommes y ont été détenus, 20.000 n’en sont jamais revenus.

éditeur : Seuil
parution : février 2009

photoLivre

Raymond Couraud

Struthof : Natzweiller : un camp de la mort en France

Ce livre retrace l’histoire de ce camp d’extermination, le seul existant sur le sol français, implanté par les nazis peu après l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne. Construit à proximité d’une carrière, il fut progressivement consacré à l’économie de guerre allemande et une chambre à gaz fut installée à côté du camp.

éditeur : Ronald Hirlé
parution : Novembre 2004

photoLivre

Ernst Klee

La médecine nazie et ses victimes

Cette enquête exhaustive sur le fonctionnement du système de santé mis en place par les nazis, dans la Werhrmacht et dans la SS en particulier, fait toute la lumière sur les expérimentations médicales perpétrées dans les camps de concentration et au sein des instituts de recherche. En révélant l’implication de nombreux médecins dont certains sont encore en exercice, et celle des grands groupes pharmaceutiques de renomnée mondiale, Ernst Klee nous fait découvrir une légion de bourreaux en blouse blanche qui commettaient des crimes abominables en se retranchant derrière les exigences la plupart du temps absurdes d’une  » recherche sans entraves « . L’auteur montre que la force scientifique médicale et pharmaceutique allemande d’aujourd’hui repose en partie sur cet  » avantage  » d’avoir, en toute impunité, disposé pendant de nombreuses années de cobayes humains. Le livre d’Ernst Klee s’appuie tout a la fois sur les documents révélés au procès des médecins de Nuremberg et sur l’historiographie la plus récente. Il apporte une contribution décisive à ce que les historiens tiennent désormais pour acquis : l’élite du corps médical allemand et la recherche universitaire participaient activement et en toute connaissance de cause à la réduction de milliers d’êtres humains au statut de rats de laboratoire.

éditeur : RUBBETTINO
parution : 11 janvier 1999

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Christian Bonah

Nazisme, science et médecine

À la croisée de différents domaines – histoire, mathématiques, cinéma, psychiatrie – cet ouvrage présente des aspects inédits de l’histoire d’une pratique et d’une profession, la médecine, aux prises avec le régime nazi. Eugénisme, expérimentation, extermination : une escalade d’abominations que l’on croit connaître mais dont des travaux récents nous dévoilent de nouvelles perspectives.

À l’occasion du 60e anniversaire de la libération des camps de concentration et en mémoire du passé difficile de l’université de Strasbourg, devenue le théâtre d’expérimentations humaines, des chercheurs se sont regroupés sur la question des relations entre la médecine et l’institution nazie.

Le lecteur cheminera en quête d’une connaissance renouvelée des crimes et des responsables, des réseaux d’excellence scientifique et politiques qui les soutiennent à Strasbourg comme à Auschwitz, vers une rencontre des victimes et de témoins de l’époque.

L’ouvrage est dirigé par quatre membres de l’IRIST de l’université Louis Pasteur, Strasbourg I.

éditeur : Glyphe
parution : 21 septembre 2006

photoLivre

Elisabeth Crawford & Josiane Olff-Nathan

La science sous influence : l’université de Strasbourg, enjeu des conflits franco-allemands, 1872-1945

Réalisé par des historiens des sciences allemands, français, américains et

russes, sous la direction d’Élisabeth Crawford et de Josiane Olff-Nathan

(enseignante-chercheuse de l’Université Louis Pasteur), cet ouvrage illustré

et très documenté propose un parcours passionnant et contrasté de la

pratique des sciences en Alsace de 1872 à 1945. Il intéressera tous les

amateurs d’histoire et de sciences. A Strasbourg, l’histoire mondiale se mêle étroitement à l’histoire de l’institution universitaire. Entre 1872 et 1945, trois universités de vainqueurs s’y succèdent en faisant table rase du système précédent. Après la défaite de 1870, l’empire de Guillaume Ier instaure une université modèle liant étroitement enseignement et recherche. L’Alsace reconquise en 1918, la France ne lésine pas non plus sur les moyens pour créer une université bien française, qui fait pourtant le pari de conserver le meilleur du système allemand. En 1939, elle se replie à Clermont-Ferrand, continuant ses activités, entre science et résistance. L’Alsace est annexée de fait et, en 1941, les Allemands installent à Strasbourg une université nationale-socialiste qui, notamment, sera à l’origine de terrifiantes expérimentations médicales au camp du Struthof.

éditeur : La Nuée Bleue
parution : 2005

Jacques Héran

Histoire de la médecine à Strasbourg

De l’Antiquité à nos jours, une histoire complète de la médecine à Strasbourg en neuf périodes et une vingtaine de tableaux commentés.

éditeur : Nuée Bleue
parution : 1998

Dirigé par Josiane Olff-Nathan

La Science sous le troisième Reich : victime ou alliée du nazisme?

La science sort profondément compromise de l’épisode national-socialiste. A travers une meilleure connaissance de notre histoire récente, ce sont les causes profondes d’une telle compromission que ce livre cherche à élucider. L’enjeu n’en est autre que les rapports entre la science et la démocratie.

éditeur : Seuil
parution : 1993

Gérard Streiff

La collection

A Strasbourg, en Alsace, des anciens de 1968 se réunissent dans le café Jérusalem. Un policier, un cinéaste, un médecin, une journaliste sont présents. Cette réunion réveille des démons de la Seconde Guerre mondiale, du nazisme et du camp du Struthof quand les SS étaient à la tête de l’Université de Strasbourg.

éditeur : L’Ecailler
parution : 15 mai 2009

photoLivre

Scénariste : Toff/ Dessinateur : Joseph Béhé

Péché Mortel/ Collection Les Intégrales

Strasbourg. Dans un futur proche ? Un passé immédiat ? Qu’importe. Car le virus VRH, transmissible par voie sexuelle ou par transfusion sanguine, fait des ravages dans la société. Seule réaction des autorités : des rafles de malades. Qui ne servent qu’à rajouter au climat de panique et d’insécurité sur lequel l’Extrême droite fait patiemment son lit. Pendant ce temps le professeur Morin, adulé par les médias autant que détesté par ses pairs, s’apprête à élaborer un vaccin-virus anti VRH. Sans se douter qu’autour de lui s’organise un complot visant à déstabiliser ses recherches, leur arrêt dut-il sonner le glas de quelques centaines de milliers de malades… Initiée à l’aube des années 90 par Béhé et Toff, Péché mortel constitue une réflexion pleine d’humanisme et d’aventure sur le monde moderne et sa gestion calamiteuse d’une maladie génératrice de violence et d’incompréhension qui n’est pas sans rappeler

un certain VIH…

éditeur : Glénat
parution : 21 avril 2010

liens

L’histoire officielle

Sur le site de l’université de Strasbourg


Le Struthof

Le site officiel du camp de concentration (KL) de Natzweiler, situé au lieu dit « le Struthof ». La chambre à gaz du camp avait été créée à la demande des professeurs de médecine nazis de l’Université du Reich à Strasbourg.


La Faculté de Medecine de la

La thèse de doctorat en médecine de Patrick Wechsler, soutenue à Strasbourg en 1991, est basée sur l’exploitation d’archives jusque-là inexploitées et de nombreux témoignages.


Le Cercle Menachem Taffel

Le cercle Menachem-Taffel réunit depuis 1997 des soignants français et allemands qui honorent la mémoire des 86 victimes d’August Hirt, médecin nazi de l’Institut d’anatomie de Strasbourg. Depuis sa création, ce cercle demande l’apposition d’une plaque rappelant ces atrocités, mais se heurte à l’Université qui estime que la Faculté de médecine, transférée à Clermont-Ferrand pendant la guerre, n’a pas à porter la responsabilité de ces crimes.


L’horreur de la médecine nazie. Struthof, 1943 : qui se souviendra de Menachem Taffel ?

Un article du docteur Georges Yoram Federmann, co-fondateur du cercle Menahem-Taffel, publié en 2006 dans la revue Quasimodo, qui dénonce les expériences effectuées par des médecins de l’université de Strasbourg sur des détenus du Struthof.


Le camp de Struthof-Natzweiler

Ce dossier constitué par Miloslav Bilik se concentre, documents à l’appui, sur le gazage de 86 Juifs dont les corps étaient destinés à enrichir la « collection » du professeur Hirt. Il propose également un lien vers le livre de Jean-Claude Pressac « The Struthof album », édité par la Fondation Beate Klarsfeld.


Les expériences bactériologiques d’Eugen Haagen sur les Sinti et les Roms au camp de Natzweiler-Stru

Sur le blog de l’ULAC (Union locale des anciens combattants) de Bagnolet.


La médecine nazie à Strasbourg

La thèse de référence sur la médecine nazie à Strasbourg un travail de Patrick Wechsler.


Struthof. Un camp nazi sur le sol français

Struthof. Un camp nazi sur le sol français

CD Harmonia Mundi

Une coédition France BLEU Alsace / Ministère de la Défense-SGA- DMPA

En 1941, les SS s’installent sur une montagne du massif vosgien à une cinquantaine de kilomètres de Strasbourg, l’un des camps les plus meurtriers du système concentrationnaire Nazi. Le seul camp implanté sur l’actuel sol français…

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2 commentaires pour Les expériences médicales au Struthof

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